Quand la nuit crie

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Elle avance lentement, cheminant difficilement le long du couloir éclairé d’un seul faisceau de lune. Elle tangue, perd l’équilibre, le retrouve, continue péniblement, il n’y a pas de raison qu’elle n’y arrive pas. Le réveil fut brutal, mais elle ne se rappelle plus trop pourquoi. Une histoire de froid peut être, de peur, de besoin de chaleur ou de réconfort, de l’acide qui remonte dans sa gorge. Ou du feu qui couve au creux de son estomac. Ah oui, peut être est ce dû à hier soir. Ce truc nouveau était trop beau pour être bon pour elle.

Un objet brille un peu plus loin, ce couloir semble interminable, mais attiré comme un papillon de nuit, elle change de direction et s’approche d’une démarche hésitante.

Elle essaye de s’accroupir, finissant les fesses au sol, ce truc, brille, hypnotique. Il est là, juste là, elle le touche du doigt, le caresse, le ramasse, le couve, le frappe, le goute et le jette. Elle sait ce que c’est, et maintenant qu’entre ses mains, privé de la lumière de la rue, il ne brille plus, il a perdu son attrait.

Mais quelque chose arrive.

Il fait nuit, il n’y a pas de bruit, quelque chose dans son corps ne va pas, elle veut retrouver sa chambre. Alors elle prend le couloir dans l’autre sens. Finalement, s’arrête et attend qu’un sanglot la délivre de son malaise. Elle pleure. Bruyamment. Appelle. Cri. Elle a mal, elle est mal, elle ne veut plus être seule, elle a besoin de chaleur, de quelqu’un de connu, maintenant.

Voilà qu’elle l’a entendu, l’a vite retrouvé. Elle la prend dans ses bras, la berce doucement, murmurant des paroles de réconfort. De la douceur, des gestes qui disent plus que des mots et la voilà apaisée, sombrant de nouveau dans le sommeil avant d’avoir atteint le lit où elles finiront la nuit ensemble.

Elle se réveillera encore, manifestant son inconfort. Tétera un peu, se blottira contre eux et ira vite beaucoup mieux.

Maman elle, s’enivrera de l’odeur de son tout petit, profitant de ces moments de répits pour essayer de se reposer entre deux cris.

Une nuit singulière parmi toutes celles qui lui ressemblent pourtant, tant.

Tout ça pour un morceau de pain.

Hanh

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